Ces deux textes sont basés sur les souvenirs de Robert C. ancien de la Marine nationale...
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QUAND LES BACHIS VOLAIENT AU PLAFOND DU CAMEO . Rue des Marchands ( rue Henri Seillon de nos jours, c'est-à-dire la rue parallèle à la rue de la République, juste derrière l'hôtel de ville) on trouvait le Cameo, un petit cinéma minable qui avait un spectacle de strip-tease à l'entracte. Il a du disparaître à la fin des années 50 ou au début des années 60. Il se trouvait environ à vingt mètres de la rue d'Alger. Le cinéma Caméo existait encore en 1955-56. Il était fréquenté les samedis soirs par tous les matelots de "Chicago" (la basse ville). On y voyait des vieux films, des Tom Mix, des Hopalong Cassidy, des romances sentimentales mais surtout, à l'entr'acte, il y avait un spectacle de strip-tease, dans lequel se produisaient les barmaids des bars à matelots avoisinants. Le fait de connaître les "vedettes" survoltait évidemment la salle. Des sifflets, des cris d'encouragement couvraient parfois la bande son, choisie pour être langoureuse : "Madame a un amant, et voilà, des fois, dans les romans, c'est comme ça..." Les filles faisaient de leur mieux; nous étions bons public, et elles paraissaient toutes excitantes pour nos libidos survoltées. Quand la strip-teaseuse approchait du final (jamais
en nu intégral, toujours une coquille!) Un matelot lançait son bachis sur la
scène. ( le bachis, c'est le bonnet de marin avec le fameux pompon rouge) C'était le signal. Tous les matafs lançaient leur bachis, en hommage, mais
aussi pour avoir le prétexte de monter sur la scène rejoindre l'objet de leurs
désirs. Devant l'avalanche de bachis, la fille ne tentait même pas de les
renvoyer. Elle décampait en coulisse, au moment où les plus agiles grimpaient
sur la scène. La lumière se rallumait. PLus de magie. Dégrisés, et désappointés,
les spectateurs devaient ensuite attendre que ceux qui ramassaient les bachis
sur la scène fassent l'appel des matricules, heureusement marqués sur la
doublure. Chacun attendait son matricule, criait "Ici" et recevait à la volée
son bachis volant.
Il ne restait plus qu'à retourner s'imbiber de Kronenbourg, dans les bistrots de Chicago où l'on retrouvait, parfois "la vedette" du strip-tease derrière le comptoir. Sympas et bonnes filles, certaines n'aurait pas refusé d'éteindre les feux qu'elles avaient allumés. Je me souviens avoir été trés pressant avec une pulpeuse beauté. Hélas, elle ne quittait son travail qu'à trois heures du matin. Beaucoup trop tard pour un permissionnaire. |
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LE CINÉMA LAFAYETTE : En été 1951, ma famille est venue se fixer à Toulon, venant de Marseille. Nous habitions rue Alézard, première porte aprés la boucherie Bon et le cinéma La Fayette était mitoyen. Par les fenêtres ouvertes, les soirs d'été, je pouvais entendre toute la bande son des films qui étaient projetés. C'était un peu répétitif, à la longue mais il y avait aussi les vocalises des habitués corses du Bar des Lions, qui nous régalaient de "la Boudeuse", de "l'Ajaccienne" et diverses autres polyphonies. Il y avait beaucoup de Corses, à Toulon, en ce temps là, ouvriers à l'arsenal, ou honorables gentlemen truands. Le bar des Lions existe toujours mais il a changé de mains depuis...... |
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Pour revenir au ciné La Fayette, je le fréquentais assez souvent, épris de romanesque et d'aventure, à 16-17 ans. J'étais aussi mordu d'aviation, un fidèle de l'aéro club de Cuers. Quand le film "L'escadrille desAigles" 'est passé, c'était du délire. Je suis allé le voir plusieurs fois, j'écoutais la bande son, en "revoyant" les épisodes. J'ai fini par soudoyer le projectionniste, qui m'a accueilli dans son antre, et m'a même coupé quelques bouts de film, aux endroits que j'avais choisis. J'étais amoureux de Diana Barrymore, si craquante dans son uniforme de WAAF.
J'aimerais bien le trouver, le DVD de ce film! |
Sources et remerciements : Un très grand merci à Robert C. pour m'avoir fait profiter de ses souvenirs d'ancien marin et de toulonnais de longue date.
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Page créée le 140/12/2008 © Roland Le Corff -Version du 14/12/2008