LES AUTOBUS DE TOULON

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    LES AUTOCARS ORLANDI 

Desservant depuis sa création, la ligne Ollioules-Toulon, la société des autocars Orlandi, est une des plus anciennes compagnies de la région toulonnaise puisqu'on en trouve déjà la trace en 1932 avec Pierre Orlandi; leur belle livrée rouge vif et blanche était caractéristique de la compagnie. Pour le moment, les éléments concernant l'histoire de cette compagnie sont encore assez maigres et les photos encore bien rares.

Aujourd'hui la société des cars Orlandi est fort heureusement toujours en activité et son adresse actuelle est  : AUTOCARS ORLANDI
455 Route nationale 8, route de Marseille - 83190  Ollioules

Elle dessert  pour le compte du réseau Mistral, les lignes 11B, 12, 120, 122, 128 (sauf erreur de ma part)

NB : Il ne faut pas confondre la société des autocars Orlandi avec le carrossier italien Orlandi à Modène (intégré au groupe Irisbus)

Une évocation des Berliet PH sortis entre 1960 et 1973, aux couleurs d'Orlandi

Historique : Dès la fin du 19ème siècle, le problème des transports en commun se posa de manière cruciale. Grand port militaire, la ville de Toulon a d'abord été confinée à l'intérieur d'une enceinte de fortifications qui s'est révélée rapidement étouffante pour une population en très forte expansion. La ville a du alors ouvrir franchir ses murailles et plusieurs faubourgs se sont  développés entre le littoral et les contreforts du Mont Faron. De par la configuration du site, tout le trafic de la région a du converger vers un axe est-ouest unique matérialisé par le boulevard de Strasbourg. De là, l'urbanisation s'est étendu à l'est vers La Valette, en direction d'Hyères, et à l'ouest, tout autour la rade vers La Seyne et les Sablettes.

Avant la mise en place des tramways, les transports étaient assurés par des diligences, omnibus à chevaux et autres services hippomobiles (notamment les fameux "Roulez". Les déplacements devenaient de plus en plus nombreux et difficiles devant un trafic croissant. Le premier réseau de tramways (à traction hippomobile) fut inauguré le 17 janvier 1886 entre le pont de St-Jean du Var et Bon-Rencontre puis le 1er août 1886 la ligne fut prolongée jusqu'à La Valette. Les tramways passèrent à la traction électrique en juillet 1897 et la ligne principale fut prolongée de Bon-Rencontre à Ollioules. L'ouverture fut faite le 9 mars 1903. Le trajet de La Valette à Ollioules pouvait désormais s'effectuer sans changement. En 1915, la voie arrive enfin à Ollioules jusqu'à la place Septem ( Marius Trotobas de nos jours)

Un nouveau réseau de banlieue : le réseau de la Compagnie de l'Ouest Varois (O.V) est construit en 1914 et mis en service (du fait de la guerre de 14) le 5 avril 1917;  il était relié au réseau urbain à Ollioules et à La Seyne. Il connaîtra bien des vicissitudes car il souffrira en permanence d'un déficit chronique. Il desservait en effet des liaisons sans grand trafic notamment celle du Beausset qui traversait les gorges d'Ollioules, dans une région déserte.

Premier coup de semonce pour le tram ! En 1926, le 8 août exactement, M. Charles Sardou obtient une subvention de 200 Francs par an pour son entreprise de service public. Il met 2 autocars Unic de 40 places pour une ligne partant de Toulon jusqu'à Bandol en passant par Ollioules, la gare et Sanary.

En 1927, la société marseillaise Mattéï alignera des petits autocars Citroën rapides au départ de Toulon vers Ollioules et le Beausset.


Les débuts de Pierre Orlandi :

En 1932, Pierre Orlandi est déjà répertorié par la Préfecture du Var dans la liste des exploitants de lignes d'autocars, il exploite la ligne Ollioules-Toulon, son adresse de l'époque est : rue du Lançon à Ollioules.

Ses véhicules desservent la ligne au rythme d'un départ toutes les 10 minutes entre 6 h et 20 h  sur Ollioules-Toulon, une 2ème ligne desservait Ollioules-La Seyne et une 3ème desservait Ollioules-La Pyrotechnie.

En 1934, la Préfecture du Var en vertu du décret-loi du 19 avril, accorde la création et le droit de circulation à de nombreuses lignes d'autobus. Dès lors, des compagnies se forment, créées par des particuliers regroupés.

En 1936, très logiquement devant tant de concurrence, la compagnie des Tramways de l'Ouest Varois est en difficulté financière, elle cesse son activité le 1er juillet 1936. Les remorques sont abandonnées en pleine voie et gênent la circulation. La dissolution est prononcée en 1938.

En 1934, la ligne Ollioules-Toulon était exploitée par les 6 autobus de Monsieur Orlandi qui partageait cette ligne avec Monsieur Fontaine Fortuna, propriétaire de 2 véhicules.

La réquisition des autobus par les autorités militaires en 1939, oblige à la remise en circulation des tramways sur la ligne d'Ollioules.

En 1945, une commission nommée par le conseil municipal d'Ollioules, se rendit auprès de Monsieur le Directeur de la régie municipale des tramways pour réclamer une amélioration du service entre Toulon et leur cité.

En 1948, le maire de Toulon reçoit la visite de Monsieur Orlandi, lequel s'engage à pratiquer les mêmes tarifs que les tramways don't la municipalité Toulonnaise veut supprimer le service dans un proche avenir. Les élus d'Ollioules protestent mais la régie suuprime la ligne 4 par une lettre du 24 août. La desserte d'Ollioules se fit désormais par les autocars de la société Orlandi.

La défunte ligne N°4 est remplacée par la ligne 12 : Place Noël Blache-Ollioules La Baume; elle emprunte sur une bonne partie un tronc commun avec la ligne 1 puis elle grimpe vers Ollioules.

La ligne 22 Toulon-Ollioules par Valbertrand et le chemin de Faverolles, était également exploitée par les autobus Orlandi. C'était une variante de la ligne 12.

14 juin 1976 : les tickets de la RMTT sont acceptés sur les autobus Orlandi; cette amélioration rentre en application dans le cadre de la modernisation des transports de l'agglomération.

En 1978, le SITCAT est créé et les autocars Orlandi sont bientôt intégrés dans ce syndicat. Le SITCAT et la RMTT ont négocié avec les transporteurs privés, à l'intérieur du périmètre syndical, des contrats d'affrétement. Ces transporteurs ont accepté de ne plus percevoir de recettes directes des usagers mais reçoivent une rémunération forfaitaire kilométrique qui leur permet de faire fonctionner l'entreprsie. C'est le cas d'Orlandi et des entreprises suivantes : STAR, SODETRAV et TRANSVAR. Cette structure a permis l'harmonisation du réseau : Horaires-Tarifs-Billetterie.

 


LES VÉHICULES DES AUTOCARS ORLANDI  ( cliquer sur les images pour les agrandir)

Je ne dispose pas encore de beaucoup de photos pour faire un panorama des véhicules de la société des autocars Orlandi mais je compte sur vous.

(Photo collection Jacques Visconti) - Cette rare photo d'un autocar diesel Saurer ( peut-être un 3CT1D) appartenant aux autocars Orlandi, a été prise en mai 1947 par G. Dapremont, un photographe professionnel qui tenait boutique place Noël Blache. Le véhicule est garé place Clémenceau dans le sens de Noël Blache, le Champ de Mars étant derrière. Il est possible que la carrosserie soit signée Belle-Clot (voir les Berliet PCK8W). (Remarquer la conduite à droite comme c'était le cas sur quelques marques de véhicules à cette époque encore, Saurer, Hotchkiss notamment)

A cette époque où les familles possédaient rarement un appareil photo, il y'avait donc d'assez nombreux photographes de rue qui se tenaient en permanence dans les zones les plus passantes ( Place Noël Blache, Champ de Mars, Place de la Liberté, Place du Théâtre...).

Ils mitraillaient particulièrement les mères de famille accompagnées de leurs bambins.

Il était difficile de résister lorsque le jeune enfant avait fait risette devant l'objectif, le photographe donnait son ticket à la maman pour la commande des tirages.

Cette photo est un recadrage car la photo originale montre le petit Jacques Visconti âgé de 3 ans au bras de sa maman. Les cars étaient d'une couleur grenat  foncé pour le bas de caisse avec un oiseau stylisé peint sur le côté. On voit au dessus de l'autocar, la ligne de contact qui alimentait les tramways.

(Photos Charge Utile) Berliet PCK 8 W carrossé par Belle-Clot en 1950 pour Orlandi . Belle-Clot était un grand carrossier installé à Grenoble. Fondée en 1923, la société s'éteignit en juin 1987 après 64 d'existence. Belle-Clot a également carrossé des cars GABY ( voir photo sur la page des autocars Gaby)

Le châssis est celui du Berliet PCK 8 W, un modèle sorti en octobre 1949 équipé du nouveau moteur MDU à 5 cylindres de 7,9 litres. Ce type succédait au PCK 7 W.
Berliet PCK 8 W carrossé par Belle-Clot en 1951 -Ces autobus sont des véhicules urbains; ils furent construits au nombre de 6 pour la SARL Orlandi.  On voit bien l'oiseau qui décore le flanc de l'autobus vers l'arrière, à priori, il ressemble fort à une cigogne. Celui-ci est le dernier autobus de la série destiné à Orlandi. Il est exposé ici au 4ème concours international de cars de Nice. Avec ce matériel, Belle-Clot remporta le premier prix de la catégorie "autobus urbains" derrière Chausson ( Grand prix) et MGT Million-Guiet-Tubauto (Prix d'honneur)

( Photo Jean-François Raymond) Ce Berliet PH 85 paru dans Charge Utile N°41, n'est pas un Orlandi mais il leur ressemble beaucoup par ses couleurs rouge et blanc. Celui-ci circulait en fait sur le réseau de Bourg-en-Bresse.

Cette harmonieuse livrée était en vigueur chez Orlandi dans les années 60-70 : caisse rouge vif et toiture blanche.

( Photo Viollet) - Années 50, place Noël Blache, un autocar Orlandi du type Berliet PCK 8 W,arrive par la gauche, remarquer la faiblesse de la circulation...et les immeubles flambants neufs, fruits de la reconstruction de l'immédiate après-guerre.

 

Ambiance de l'époque : des 4 CV Renault et deux jeunes femmes qui poussent un landau, le baby-boom était en marche.

Photo Philippe Matagne -Ci-dessus, un superbe autobus Berliet PR-100 Orlandi, pris en juillet 1979, dans sa livrée rutilante. Les 3 barres sur la face avant signifient que le bus a 3 portes.

(Photo  © Michaël Dietrich ) Ci-dessus un Renault PR100-2 d'Orlandi, portant le N°129 vu ici au dépôt de Brunet le 5 novembre 2004- Du rouge des Orlandi, il ne reste qu'un petit bout autour de la girouette.

 Les Cars Orlandi disposèrent plus tard dans le milieu des années 90 de Heuliez GX 107 voir la page :   heuliez_gx107.htm#Cars Orlandi.


Sources : "1880  -1980: Un siècle de transports en commun dans l'agglomération toulonnaise" par Gabriel Bonnafoux (†) et Albert Clavel - Livre édité à compte d'auteur sur les Presses de l'Atelier du Beausset en avril 1985. Jacques VIsconti pour la photo du Saurer et son témoignage précieux. Un grand merci à Philippe Matagne et à Michaël Dietrich. Remerciements à Charge Utile Magazine.

Page créée le 02/06/2008  © Roland Le Corff -Version du 13/06/2008